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  Vos interlocuteurs  
Julien Pion, Musiques actuelles  
Laurence Merckelbagh, Ens. de la danse et pratiques amateurs  
 
     
 

Les rappeurs perpétuent en un sens la tradition des griots africains, ces poètes et musiciens qui se décrivaient et dénonçaient leurs conditions de vie et celles de leurs contemporains dans un monde en crise. Cependant, les racines les plus directes du rap remontent à la fin des années 1960 et à l’apparition des Last Poets, un collectif de jeunes Noirs militants ayant mis leur rage en rimes et en percussions afin de transmettre leurs messages révolutionnaires.

Les influences musicales principales sont, quant à elles, bien évidemment la soul et le funk qui rythmaient les parties de chaque quartier, mais aussi le jazz pour son sens de l’improvisation
et sa remise en cause des schémas mélodiques classiques. Le rap est en effet un coup de poing, un moyen pour le rappeur au micro de prêcher sa parole en face d’inconnus et de tenter de les
convaincre, quel que soit le message.
Les phrases sont dès lors courtes, ce sont des flashs sonores et des significations qui fusent, des chocs répétés de mots courts ou longs à la phonétique proche destinés à frapper l’auditeur... Comme pouvaient l’être les solos des musiciens
du free jazz.

Les origines du rap ce sont aussi les sounds systems jamaïcains où des disco mobiles aux haut-parleurs énormes colportent à travers l’île, depuis le milieu des années 60, chaque nouveau tube reggae. Ce sont des lieux de micro ouvert
pour tous les chanteurs qui désirent se faire connaître.

 
     
     
 

Historique

Aux Etats Unis, les premiers rappeurs des
années 75-82 racontent des anecdotes,
occupent l’espace avec des rimes matérialistes («J’ai des chaînes en or, de l’argent et des filles à la pelle»), vantardes et festives. Il n’y a à l’époque quasiment aucune profondeur dans les textes... Le premier MC à rapper des textes dépassant la simple interpellation ou animation de soirée est COKE LA ROCK dans les soirées de Kool Herc.

A la fin des années 80, le rap français commence à prendre de l’ampleur et la
1re génération de rappeurs français se révèle au public : NTM, Assassin, Solaar, IAM, Ministère AMER…

Au début des années 90, c’est une véritable renaissance du rap avec un esprit plus revendicatif où les textes prennent une importance capitale.

En France, le rap positif et funky envahit
la musique française (Alliance Ethnique, Ménélik, Doc Gyneco...). Mais le rap hardcore n’est pas mort, loin de là, dans l’underground, NTM, Assassin ou le Ministère AMER témoignent de la dure réalité sociale à laquelle ils font face en écrivant des textes très crus. C’est ce côté du rap français qui est apprécié
des puristes.
Le rap français se divise alors en deux :
le rap commercial qui passe partout, générant beaucoup de bénéfices, et le rap underground qui sera même boycotté et qui ne rapporte presque rien mais où les Mc’s aiguisent leur style hardcore.

On assiste alors, malgré les ventes et la
popularité, à une sorte de crise du rap...

En 2000, il devient plus facile de faire du rap. Les portes sont ouvertes, les anciens ont créé des labels et le rap est la musique la plus appréciée chez la majorité des jeunes. Le rap est populaire dans le monde entier et d’autres pays s’y sont mis comme l’Angleterre, le Canada, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et les pays d’Afrique et d’Asie.

Alors que le rap français est bien lancé, on commence à ressentir une dérive.
Skyrock est qualifiée par certains de radio rap commerciale, les instrus rap évoluent dangereusement (la création semble s’essouffler) et le rap s’étale (cinéma, fringues, TV…). On assiste à une uniformisation du rap commercial qui ne répond à aucun critère éthique, si ce n’est de « faire de l’argent ».

Heureusement aujourd’hui, une nouvelle
génération underground française voit le jour et propose des instrus décalées, électroniques, très travaillées et des paroles fortes, originales.
Cette génération donne un second souffle à ce mouvement…

 
 
     
 
Lexique

ABSTRACT HIP HOP
Hip Hop instrumental basé sur des beats lents, des harmonies sobres et dépouillées.
BOUCLE
Loop en anglais. Mise en boucle d’une séquence sonore, le plus souvent samplée.
BPM
Battements par minute. Unité permettant de
mesurer la rapidité d’un disque.
FLOW
Littéralement le débit, c’est la façon qu’ont les
rappeurs de poser leur voix sur la musique.
FREE STYLE
Improvisation vocale des rappeurs sur un morceau instrumental. C’est aussi une danse individuelle complètement improvisée.
GANGSTA RAP
Venu de Californie, le gangsta rap mélange
des musiques funk mélodiques et des paroles
ultra violentes (voire sexistes). Le genre est aussi populaire que controversé.
INSTRUS
Instrumentales (versions d’une chanson sans les voix).
LABEL
Maison de disque indépendante.
LYRICS
Textes, paroles du rappeur.
MC
Rappeur au contrôle du microphone (Master of Ceremony).
TRACK
Morceau, chanson, titre.
ZULU NATION
Créée par Afrika Bambaataa dans les années 70’s. Idéologie pacifiste dictée par 20 lois. Le slogan de la Zulu Nation revient à remplacer l’énergie négative des bagarres en énergie positive et constructive au travers de cette nouvelle culture de la rue.


Prévention des risques
Dans le milieu de la musique, pour prévenir les troubles de l’audition, il faut éviter de s’exposer trop longtemps au volume sonore.
Les bouchons d’oreille sont souvent recommandés lors d’une longue exposition à une forte puissance de son.
Concert ou baladeur, il faut faire attention, car de plus en plus de jeunes souffrent de surdité.
 
     
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