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Les graffitis sont «vieux comme le monde».
Tracés sommaires incisés dans la pierre des
siècles avant notre époque, les graffitis nous
ont permis de recueillir une parcelle importante de la culture
populaire ancienne et leur étude a donné naissance
à une pratique nommée Glyptologie. Aujourdhui
les graffitis se déclinent sous les appellations «tag»
et «graff». Les tags sont des signatures (souvent
illégales), des pseudonymes, des inscriptions répétées
le plus grand nombre de fois
Le graff lui représente le côté le plus
artistique du mouvement (toiles, fresques
). Les limites
entre graff et tag sont floues, ce qui ne facilite pas la
reconnaissance de leur dimension artistique.
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Historique
A la fin des années 1960, le tag apparaît
pour la première fois à New York dans un
climat toujours lié à celui des ghettos.
Le premier tagueur reconnu par la presse est TAKI 183.
Le but du tag est alors de se faire connaître là
où on ne lest pas, se faire reconnaître
par lentourage ou contrôler symboliquement
un territoire pour les gangs. Chaque groupe a son style,
comme chaque individu a le sien, des messages se transmettent
dans les dédales des rues
En 1973, le phénomène prend de lampleur
avec lapparition de «Writing bands»
, de «Posse». Le phénomène devenant
groupal, des associations se montent pour faire reconnaître
le tag en tant que pratique artistique. Ils sont des artistes
hors-la-loi qui pratiquent le Guérilla art, le
Ghetto art, lArt
terroriste, le Radical art et enfin lArt nuisible
de la guérilla urbaine. Ils ne peignent pas des
tableaux mais des «crimes prémédités».
Des manifestations de groupes sont organisées et
le Muséum of Modern Art achète en 1980 une
pièce. Le graff devient médiatisé
et un véritable phénomène de mode.
Des films, des émissions, des décors, des
façades de boutiques
lui sont dédiés.
Des collectionneurs commandent des fresques pour leur
salon.
Mais un problème est lié à la reconnaissance
: les tags sont vécus comme des dégradations
dans la ville et les transports, dans les lieux publics.
De 1984 à 1989, la police devient de plus en plus
répressive en même temps que des mesures
juridiques se mettent en place. La mairie de New York
en fait même la priorité devant le trafic
de drogue. Ne se focalisant plus sur New York, sorte de
Mecque de lavant-garde artistique, le phénomène
tag devient international et se répand en Europe.
Cest en 1981 que pour la première fois la
presse française évoque les Tags U.S.
du métro new yorkais. Il faudra attendre 1986 pour
quelle les retrouve à Paris, puis, au fur
et à mesure, dans tout le pays. Mais la population
se distancie du phénomène : les tags sont
perçus comme des nuisances relevant de lagression
dans certains quartiers parisiens.
Le phénomène persiste aujourdhui,
il se développe à tel point que de nombreuses
galeries dart proposent des expositions de graff.
Malgré une répression sévère
et peut-être exagérée, lart
du graff poursuit son évolution
Prévention
des risques
Lutilisation de bombes de peinture chimique nécessite
le port dun masque en vente dans les magasins spécialisés.
Selon le code pénal, «les dégradations
et
détériorations des biens par inscriptions,
graffitis, tags ou gravures sans autorisation préalable,
sur les façades, les véhicules, les voies
publiques ou sur le mobilier urbain est répréhensible
par la loi».
Les personnes qui transgressent cette loi peuvent être
soumises à de lourdes peines
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Lexique
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On peut trouver dans le lexique les différents
styles de graff.
BACKGROUND
Quand les murs des métros étaient trop
pleins de tags, les graffiteurs se sont mis à
appliquer des couches de fond qui portent le nom de
background.
BOOK
Carnet de croquis dun writer, quil amène
souvent avec lui sur les lieux dun travail.
CAP
Capuchons des bombes aérosol. Interchangeables,
ils viennent en format «fat» ou «skinny»,
pour faire un trait de peinture qui sera très
large ou très étroit.
CREW
Groupe de graffeurs, qui taggent et writent
ensemble.
CROSS OUT, CROSS, CROSSER
Recouvrir le travail dun autre artiste par le
sien. Ou, pire, faire une croix sur un tag, et apposer
le sien juste à côté. Si celui qui
fait le cross out nest pas un graffeur respecté,
son geste est interprété comme une véritable
déclaration de guerre.
DEF
De qualité exceptionnelle. Tiré du mot
anglais
«death» (mort). Du travail def : du travail
bon à mourir.
FREIGHTS, FR8
Un graffiti sur un train est un freight.
GRAFF
Fresques à la bombe de peinture qui ornent les
murs des banlieues et centres urbains. Côté
le plus artistique du graff.
KRYLON
La marque de peinture en aérosol la plus courue
par les graffeurs, de par sa qualité.
OLD SCHOOL
Le style de writing le plus ancien et, encore, le plus
utilisé. Se reconnaît à ses lettres
bouffies («balloon») aisément lisibles.
OUTLINE
Quand on commence une pièce, on en trace
dabord un outline de couleur pâle, quon
remplit ensuite avec un fil, quon encadre enfin
avec un outline final. Le mot décrit également
les croquis quon fait dans un book avant dentamer
la peinture sur le mur.
PIÈCE, PIECE (prononcez «peace»)
Grande murale, gros dessin, colorée (au moins
trois couleurs), et pouvant prendre plusieurs jours
à compléter.
PRODUCTION
Graffiti collectif, fait par plusieurs membre dun
crew en même temps.
ROLL CALL
Consiste à tagger les noms de tous les membres
de son crew à côté dune de
nos pièces pour les remercier.
SKETCH
Graffiti fait sur papier (dans un book, par exemple).
Cest en quelque sorte un croquis, sil est
réussi le graffeur voudra sûrement le faire
sur un mur.
STICKERS
Petits tags faits davance sur des autocollants
et ensuite apposés dans divers endroits publics.
TAG
La forme la plus fondamentale de graffiti. Exécuté
avec un marqueur feutre ou une seule couleur de peinture
aérosol. Il sagit dune signature
stylisée, la plupart du temps illégale.
THROWUP
Graffitis composés dun simple outline de
lettres (souvent, deux lettres ou une seule lettre suivie
dun point dexclamation) bouffies, en une
ou deux couleur(s), souvent sans fil.
WILDSTYLE
Style de writing plus contemporain. Consiste
à imbriquer les lettres de son nom de façon
si
compliquée, que le mot devient complètement
illisible pour le néophyte. Le wildstyle est
très
difficile à maîtriser.
WHOLE CAR / TRAIN
Faire un whole car : couvrir tout un wagon.
Faire un whole train.
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